
Le père est de plus en plus présent à toutes les étapes de la grossesse. Il joue un rôle essentiel pour aider la future maman et pour préparer pendant neuf mois l'arrivée du bébé. Devenir père est un véritable apprentissage ! Et la femme joue un rôle important dans le processus en donnant au père la place qui est la sienne pour mieux vivre cette nouvelle aventure à trois.
De nouveaux symptômes physiques
« Pendant le premier trimestre de sa grossesse, ma femme n'a pas pris un gramme alors que moi j'ai grossi de 5 kg ! » Expression inconsciente et spectaculaire de leur propre désir de faire un enfant, les futurs pères ressentent très souvent un inconfort physique (nausées, envies alimentaires, maux d'estomac, maux de dos) habituellement réservé à la femme enceinte.
Certaines études montrent que 60 % des futurs pères éprouvent de véritables symptômes physiques lorsque leur femme est enceinte (le docteur Jerrold Lee Shapiro, expert de la question, raconte qu'il prit 12 kg à chacune des deux grossesses de sa femme).
Ce phénomène bien connu résulte du désir de l'homme de participer activement à cette grossesse qui va transformer la vie de sa famille. Il se prépare à son nouveau rôle de père. C'est ce que les psychologues nomment la « couvade ».
Dans certaines cultures, les pères vivent aussi leurs propres « travail » et « délivrance », tout comme la future mère ! Quand la femme doit accoucher, le père s'allonge aussi (souvent en donnant l’impression d’être à l'agonie !) pour vivre avec elle les différentes étapes de l’accouchement. Et il a souvent plus de mal à récupérer !
A l'inverse, certains pères se sentent parfois totalement étrangers à ce qui se passe pendant la grossesse, voire déstabilisés par l'arrivée du petit « intrus » qui va bouleverser leur relation avec leur partenaire.
Les hommes peuvent aussi ressentir des changements émotionnels durant la grossesse, comme de la tristesse, voire de la dépression. Ces sentiments sont souvent liés à la crainte de perdre l'amour de leur femme à l'arrivée du bébé. Ils peuvent percevoir l'enfant comme un intrus et se sentir exclus de la relation directe mère-enfant. Il arrive aussi qu’ils soient jaloux de ne pas pouvoir porter l'enfant, ou encore inquiets face aux bouleversements à venir.
Tout comme la femme enceinte prépare le foyer pour l'arrivée du bébé, certains hommes s'investissent dans un souci de protection familiale : travaux dans la maison, changement de voiture…
Dans la culture occidentale, bien qu'il soit admis que les pères doivent être présents lors du travail et de l'accouchement, ils sont souvent livrés à eux-mêmes et peu soutenus. De génération en génération, la place du papa a évolué… et leur propre père n'est donc pas forcément le meilleur guide ! Quant à l'expérience des amis et collègues, elle peut très bien contribuer à augmenter l'anxiété.
L'homme a du mal à trouver sa place dans le vécu de la grossesse. Et même s'il est présent lors des examens prénataux et autres préparations à la naissance, il peut se sentir exclu et inquiet : où se placer, que regarder, que ressentir face à la personne qui examine sa femme ? Peut-on poser des questions sans paraître stupide ?
Certaines maternités proposent des groupes de discussion destinés spécialement aux pères, avec à la clé, un succès grandissant.
Heureusement, il existe tout de même des solutions pour les futurs pères un peu anxieux ou perdus ! Instaurer une bonne relation en parlant de ses difficultés aide à soulager les inquiétudes. La parole aide aussi à préciser quel genre de papa on aimerait être. Quelques conseils pour commencer :
Certains problèmes plus spécifiques demandent parfois l'aide d'une tierce personne, voire d'un psychologue. Par exemple, une grossesse mal acceptée par le père, l'inquiétude sur le déroulement de la grossesse ou la santé du bébé, la crainte de perdre sa jeunesse ou sa liberté peuvent être la cause d'un profond malaise. Posez-vous les bonnes questions… Avez-vous pris conscience des changements à venir ? Considérez-vous qu’ils soient négatifs ? Bien qu'il soit naturel d'être inquiet, êtes-vous convaincu qu'il y aura un problème et avez-vous du mal à en parler au gynécologue ? Que signifie pour vous le fait de devenir papa ?
Quelles que soient les difficultés ressenties par le futur père, il doit savoir que c'est le plus souvent un phénomène normal, traduisant sa volonté d’investissement. Dans tous les cas, le dialogue avec le conjoint ou des tierces personnes doit être privilégié.