
Le ""métier"" de parent est l'un des plus difficile qui soit. Il ne s'apprend pas, il ne fait l'objet d'aucun diplôme et c'est pourtant l'une des tâches essentielles que se donne l'être humain. L'un des aspects importants (même si c'est loin d'être le seul) de cet art d'être parent est bien sûr l'éducation que nous pouvons envisager sous différents angles. Profondément, cela veut dire transmettre nos valeurs et plus superficiellement enseigner et poser les règles, les limites. Nous voulons tous que nos enfants soient bien élevés, mais y parvenir sans brimer la créativité d'un enfant ou sa perception de lui-même est très complexe, ce d'autant plus qu'à partir du moment où cela concerne nos enfants, se réveillent en nous des enjeux essentiels et pas toujours conscients. Selma Fraiberg, la célèbre spécialiste du développement de l'enfant, parlait des "" fantômes de la nursery "", c'est-à-dire de nos propres souvenirs d'enfance, de nos expériences passées, des liens particuliers avec nos propres parents. Tout un monde passé, enfoui et pourtant agissant pour faire de nous les parents que nous sommes. Ces fantômes qui surgissent peuvent semer la pagaille et nous compliquer la tâche au point que nous disons parfois une chose alors que nous en ressentons une autre. Education et apprentissage
La racine du mot ""discipline"" provient d'un terme qui signifie ""enseigner"" et non punir. Notre but doit être d'enseigner à un enfant la meilleure façon de se comporter, de se contrôler et de respecter autrui. On peut remarquer que si les parents ont un projet éducatif précis et tiennent compte des capacités d'apprentissage de l'enfant en fonction de ses phases de développement, les stratégies spécifiques ont alors plus de chances de réussir. Du point de vue de l'enfant, plus le message enseigné est simple et plus l'action est rapprochée de sa conséquence, meilleures sont ses chances d'apprentissage.
Contrairement à une idée reçue, les enfants ont besoin de limites, mais seulement lorsque cela est fait avec cohérence et amour. Connaître clairement les règles et les conséquences en cas de désobéissance rassure un enfant. Il peut se décontracter dans le jeu et la découverte car il en connaît les limites. Les enfants les plus anxieux rencontrés dans mon bureau sont ceux qui étaient rarement confrontés à la discipline ou qui l'étaient de manière incohérente. Ces enfants courent dans tous les sens, taquinent et frappent autrui, sont insupportables, parlent grossièrement ou testent d'une autre manière toute personne qu'ils rencontrent : ils sont à la recherche de leurs limites et de quelqu'un capable de les guider. Trop de pouvoir est souvent effrayant pour un petit enfant. Après l'amour, la discipline est le cadeau le plus précieux que vous pouvez offrir à un enfant.
La plupart des enfants veulent faire plaisir à leurs parents. L'amour et l'attention d'un parent sont les meilleures motivations au monde et les enfants feront beaucoup d'efforts pour les obtenir. Les problèmes surviennent lorsque les parents ne s'occupent pas assez de leur enfant ou lorsqu'ils mettent l'accent sur des comportements indésirables sans remarquer ce que fait l'enfant pour leur plaire. L'enfant, s'il constate qu'il obtient plus d'attention de la part de ses parents quand il fait des bêtises que quand il se comporte bien, continuera à être difficile. Souvent, un problème d'obéissance disparaît tout simplement lorsque les parents recentrent leur attention sur les actions positives et ignorent délibérément les espiègleries de leur enfant. Les petites récompenses, les cadeaux ou une activité partagée peuvent contribuer à façonner un comportement, mais rien ne remplace l'approbation parentale et la sensation d'un enfant de pouvoir faire ce qu'on attend de lui. Ces récompenses affectives sont les plus importantes. Elles incitent l'enfant à se sentir fier de lui et à mieux réagir aux défis de la vie.
Quand la discipline est sans succès
Quelquefois les parents demandent trop à leur enfant compte tenu de son niveau de développement et/ou des circonstances.
Voici quelques exemples dont j'entends régulièrement parler, et quelques conseils permettant d'obtenir de meilleurs résultats. Les instructions des parents sont trop générales. Des remarques comme "" Tiens-toi bien "" ou "" Sois sage "" ne veulent pas dire grand-chose pour un enfant de moins de 10 mois. La tâche est trop difficile pour lui. Soyez précis sur ce que vous voulez que votre enfant fasse. Dites-lui : ""Arrête de crier"" ou ""Rends le camion à Pierre"". Très peu de jeunes enfants peuvent réagir correctement à ""Range ta chambre"". Les enfants réagissent mieux à ""Ramasse tes legos"" ou ""Mets tes vêtements dans le panier"". La réalisation de nombreuses petites tâches pousse l'enfant à aller plus loin.
L'enfant ne fait pas le lien entre son comportement et une récompense ou une punition.
Si la punition vient trop longtemps après une bêtise, un enfant n'apprendra pas grand-chose. Par exemple, récompenser un enfant de 3 ans en fin de semaine parce qu'il s'est bien comporté au cours des jours précédents ne rime à rien. Sa mémoire et sa notion du temps ne sont pas assez développées pour comprendre ce que cela signifie. Plus un enfant est jeune, plus le lien de cause à effet doit être rapproché.
On demande trop à l'enfant.
Les très jeunes enfants savent ce que ""non"" veut dire, mais ils ne peuvent pas penser à une alternative si la tentation initiale reste à portée de main. Par exemple, les boutons du magnétoscope garderont leur attrait aux yeux de votre enfant, à moins de lui donner une autre activité qui le tienne à l'écart de l'appareil.
Trop de ""non"".
Si le monde de l'enfant est peuplé d'interdictions, il ne fera alors plus attention à aucune d'entre-elles. Les parents doivent établir un ordre de priorités parmi les problèmes et les traiter un par un. Je suggère de commencer par les comportements qui mettent en danger la vie de l'enfant et ceux qui sont susceptibles de provoquer des blessures sérieuses ou des destructions d'objets importants. Les batailles autour de la nourriture ne sont jamais gagnées et celles portant sur les vêtements ne valent pas qu'on s'y attarde.
L'enfant n'a plus d'énergie.
N'essayez pas de discipliner votre enfant lorsque celui-ci est fatigué, affamé, très contrarié ou stressé. Vous aurez plus de succès si vous lui accordez momentanément ce dont il a besoin (une sieste, un goûter, un câlin), et que vous réessayez plus tard.
Les parents sont à court d'énergie.
Lorsque vous êtes plus contrarié que votre enfant, il est peu probable que vous puissiez lui apprendre quelque chose de valable. Accordez-vous une pause. Bien qu'il soit nécessaire que les enfants apprennent que leurs parents peuvent avoir des réactions émotionnelles à certains comportements (l'expression de votre visage, votre voix et votre attitude sont des moyens lui permettant de juger la réaction du monde à ses actions), faites attention lorsque vous vous sentez perdre le contrôle de vous-même. Vous serez tous deux effrayés par cette réaction excessive. Et vous regretterez probablement vos paroles ou vos actes. Si vous sentez que vous êtes à bout parce que votre enfant à fait une bêtise ou parce qu'il est ingérable, isolez-le dans un endroit neutre (loin du lieu du conflit et sans élément qui pourraient le distraire (télévision, jeux,?) en lui expliquant la raison de cette punition. Ce moment lui permettra de réfléchir à ce qu'il vient de faire et il vous permettra à vous aussi de prendre du recul face à la situation conflictuelle, afin de pouvoir revenir par la suite vers l'enfant le plus calmement possible.
Réponses des experts de l'Institut Pampers à quelques questions de parents
Nous avons des garçons jumeaux âgés de 18 mois. Aucun des deux ne nous laisse lui brosser les dents. Les dents de l'un commencent déjà à se carier. Nous leur donnons du fluor tous les jours. Que devons-nous faire ?
Les rapports de force sont fréquents et normaux au cours de la deuxième année et ceci a tout l'air d'en être un. Il est important de soutenir le sentiment croissant d'indépendance des jumeaux, mais je serais ferme sur les questions touchant à la santé. Si vous et votre conjoint restez fermes et cohérents sur la question du brossage des dents et que vous n'entamez ni discussions, ni négociations sur ce sujet, les garçons s'habitueront peu à peu à cette routine importante. Laissez-les participer : qu'ils mettent eux-mêmes un peu de dentifrice sur la brosse ou qu'ils choisissent la couleur de leur brosse à dents, mais ne laissez jamais entendre qu'ils ont le choix de se brosser les dents ou pas. Moins vous discutez, mieux c'est. Soyez ferme sur ce point là, des batailles plus importantes sont encore à venir. Les enfants se sentent rassurés s'ils savent qu'il y a des limites fermes sur lesquelles ils peuvent se repérer. A l'inverse, ils se sentent inquiets si les règles changent ou paraissent négociables ou s'ils ont trop de pouvoir sur la situation.
Suzanne Dixon, médecin.
Mon enfant de 3 ans ne veut pas rester assis dans son siège auto. Il se débrouille toujours pour se dégager. C'est la guerre chaque matin lorsqu'il est l'heure d'aller à la crèche et que je dois partir travailler. Cela me rend folle. A l'aide !
La sécurité automobile est un domaine dans lequel il ne doit y avoir aucun compromis et aussi peu de discussion que possible. Il doit rester dans son siège. Attachez-le en le serrant autant que possible sans l'incommoder. Certains enfants sensibles au toucher se débrouillent mieux si vous doublez les ceintures avec de la feutrine ou du velours. Vérifiez qu'il est bien dans une position verticale et qu'il peut regarder à l'extérieur de la voiture. Vérifiez qu'il n'a pas le soleil dans les yeux ; au besoin, placez un pare-soleil sur la fenêtre. Trouvez-lui une occupation, tel qu'un jouet à utiliser exclusivement dans la voiture, peut-être un petit magnétophone ou un jeu électronique portable. Gardez ce jouet dans la boîte à gants et sortez-le uniquement une fois qu'il est assis sagement dans son siège. Arrêtez la voiture à chaque fois qu'il se dégage du siège, même s'il faut le faire à plusieurs reprises au début. La discussion doit être réduite au minimum et il doit retrouver immédiatement sa position dans le siège auto. Il apprendra si vous êtes ferme et totalement cohérent(e) dans cette situation. Prévoyez de partir plus tôt le matin et assurez-vous d'être reposé(e) avant de commencer cette nouvelle approche. L'autre aspect du problème peut provenir du fait que vous avez tous deux du mal à vous dire au revoir le matin. Cette bataille quotidienne peut être provoquée en partie par la tristesse que vous ressentez tous deux à vous séparer pour la journée. Votre enfant s'est peut-être aperçu qu'il peut prolonger le moment du départ et obtenir une attention intense, bien que négative, de votre part avec cette dispute autour du siège auto. Accordez-lui un peu plus de temps chaque jour et développez un petit rituel sur lequel vous pouvez compter tous les deux, qui soit moins dangereux que les disputes dans la voiture. Faites de vos retrouvailles à la fin de la journée un évènement particulier. Ne commencez pas le dîner ou les travaux domestiques avant d'avoir eu le temps de vous retrouver.
Suzanne Dixon, médecin.
Comment empêcher mon bébé de 19 mois de jeter la nourriture ? Lorsqu'il le fait de manière répétée et en me narguant, je lui enlève généralement son dîner et lui dis qu'il n'aura rien à manger tant qu'il continuera de jeter sa nourriture.
Il semble que vous ayez mal interprété son comportement et que vous le renforciez involontairement. Tous les enfants de cet âge jouent avec leur nourriture ; c'est l'un des moyens dont ils disposent pour découvrir comment fonctionne le monde environnant. Ce n'est pas un acte de défi de l'autorité parentale. Vous paraissez accorder une attention particulière à votre fils lorsqu'il jette sa nourriture. Rappelez-vous que même si vous criez après lui, cela peut renforcer son comportement parce que c'est pour lui un moyen d'obtenir votre attention de manière prévisible. Cela me conduit à formuler une réponse à votre problème en deux temps : pour commencer, accordez beaucoup d'attention à votre fils lorsqu'il mange sa nourriture sans la jeter. Dites-lui combien il est gentil et combien il est devenu un grand garçon. S'il jette sa nourriture, faites une simple déclaration, du style : "" On ne jette pas la nourriture. "" Puis ignorez-le pendant quelques secondes. Il comprendra rapidement qu'il peut obtenir plus d'attention de votre part en mangeant sans jeter ses aliments.
Lawrence Kutner, psychologue médicale.
Ma fille de 19 mois a commencé à me gifler et à me dire "" non "" lorsque je ne lui donne pas ce qu'elle veut. Est-ce normal pour un bébé de cet âge ?
Bien que de nombreux bébés donnent des coups lorsqu'ils se sentent frustrés, cela ne signifie pas qu'il faille ignorer son comportement. Dites-lui : "" Ne tape pas ! "" Ne la frappez pas en retour. Cela ne fera qu'empirer les choses. Rappelez-vous qu'elle donne des coups non parce qu'elle est en colère ou parce que vous avez fait quelque chose de mal en tant que parent, mais par frustration. Restez calme. Cela permettra à votre fille de reprendre le contrôle d'elle-même. Pour certains enfants de cet âge qui sont "" impulsifs "", il est conseillé de les serrer dans vos bras pendant quelques secondes pour les empêcher de donner des coups. Il peut être utile aussi parfois de la distraire lorsque vous la voyez se mettre dans tous ses états. En grandissant, votre fille se contrôlera de mieux en mieux face à de telles émotions.
Lawrence Kutner, psychologue médicale.
Mon fils a 28 mois et nous avons du mal à l'habiller. Il ne veut porter que des pyjamas. Que pouvons-nous faire ?
Votre fils est à l’âge où dire non à tout ce que vous lui demandez est quasiment devenu un reflexe ! C’est exaspérant au possible pour vous en tant que maman mais gardez en tête que cette phase d’opposition est importante pour votre enfant. Il essaye d’acquérir son indépendance et dire ""non"" lui semble être un bon début ! Même si c’est compliqué à gérer au quotidien, vous devez résister à ses cris et à ses accès de colère car un enfant de cet âge a besoin d’avoir une marche à suivre, un cadre clair dans lequel évoluer sinon, il se sent ""perdu"". Ce sont les parents, non les enfants qui décident de l’organisation au sein de la maison. Votre fils peut ou l’accepter calmement ou se rebeller. Dans ce cas, vous devez résister. Dans votre situation, qu’il crie ou gesticule, votre fils doit s’habiller…Essayez de lui donner le choix entre 2 tenues pour l’impliquer un minimum. Si cela ne fonctionne pas, donnez-lui un de ses jouets pour l’amuser pendant que vous l’habillez. Essayez de ne pas vous énerver, ça ne ferait qu’empirer la situation. Une fois que votre enfant est habillé, dites lui quelque chose comme ""Je sais bien que tu n’aimes pas t’habiller, mais pour toi comme pour moi, nous devions le faire"". A son âge, il est normal de protester donc ne le punissez pas et ne criez pas. En répondant à ces comportements de façon calme vous lui prouvez que ses accès de colère ne servent à rien.
J'ai un garçon de 18 mois qui commence à frapper d'autres enfants. Il ne frappe pas suffisamment fort pour faire vraiment mal. C'est en fait pour lui un moyen d'obtenir de l'attention négative de ma part. Je ne sais pourtant pas comment réagir à ce problème. Comment dois-je me comporter lorsque nous sommes en public et qu'il s'approche d'un passant pour le frapper ? J'ai un autre enfant plus âgé de 2 ans et il n'est pas juste d'autoriser ce genre de comportement par rapport à lui. J'ai besoin d'aide ! Je ne sais plus quoi faire.
Votre situation semble très pénible, bien qu'elle ne soit pas exceptionnelle puisque de nombreux enfants de moins de 18 mois communiquent leurs sentiments physiquement. Comme vous le suggérez à juste titre, il recherche probablement votre attention sans penser qu'il s'agisse d'une "" attention négative "". Les enfants de son âge ne pensent à quelqu'un ou à quelque chose que de leur propre point de vue (pensée égocentrique) : tout se produit à cause d'eux. Ce n'est pas de l'égoïsme, c'est simplement la façon dont ils appréhendent le monde. Prenez soin de le féliciter lorsqu'il communique sans frapper. En le récompensant de son bon comportement, vous l'éduquez davantage qu'en punissant une mauvaise attitude. Ne le mettez pas dans un contexte social si vous savez qu'il est prêt à faire la sieste ou qu'il est trop affamé pour rester calme. Et essayez de passer du temps chaque jour seule avec lui, à des moments où vous pouvez lui accorder une totale attention en jouant avec lui. Montrez-lui comment toucher gentiment lorsque vous voulez exprimer des sentiments positifs envers quelqu'un. Insistez sur ce point. Il développera bientôt un langage qui l'aidera à communiquer de manière beaucoup plus efficace.
Peter A. Gorski, médecin.
Mon fils a 14 mois et s'il n'obtient pas ce qu'il veut, il pique une colère noire, se jette par terre ou frappe quiconque se trouvant à proximité. Aidez-moi ! ! Que puis-je faire pour lui faire perdre cette habitude épouvantable ?
Les colères que vous décrivez peuvent éprouver la patience de n'importe quel parent. Pour le bébé de 14 mois, cependant, c'est pourtant le meilleur moyen dont il dispose pour vous faire savoir qu'il est déterminé à jouir de quelque chose, ou impatient d'arrêter ce qu'il fait, ou qu'il a chaud ou froid, ou qu'il est affamé ou rassasié, ennuyé, fatigué ou impatient de partir. Son langage va se développer au cours des six prochains mois, votre enfant pourra alors exprimer ses besoins et intérêts de manière plus diplomatique. D'ici là, commencez par vous rassurer en sachant qu'il n'est pas en danger, puis prenez-le dans vos bras et distrayez-le, chantonnez des mots rassurants et proposez-lui une autre activité. Apprenez également à connaître vos propres limites ! Si vous êtes à cours d'énergie et à deux doigt de piquer une grosse colère, trouvez quelqu'un de confiance et confiez le lui un moment. C'est sans doute un enfant qui, le moment venu, peut canaliser son énergie en adoptant un profil de meneur et en fournissant de gros efforts pour réussir.
Peter A. Gorski, médecin.
Mon fils de 23 mois vient de passer deux mois avec ses grands-parents qui l'ont trop gâté. Il veut à présent qu'on s'occupe de lui sans arrêt et obtenir tout ce qu'il désire. Lorsque nous nous opposons à lui, il se jette sur le sol et finit par se frapper la tête par terre. Nous ne pouvons pas le laisser faire parce que ses colères semblent interminables. Devons-nous le montrer à un spécialiste des enfants ou cela correspond-il simplement à la terrible phase des deux ans ?
Votre enfant passe par une phase normale de son développement. C'est assez courant pour un enfant de cet age (et même pour un enfant plus âgé) de piquer des colères parce qu'il est frustré. Dès que son langage se développera ses colères diminueront naturellement. En attendant, ne cédez pas aux demandes de l'enfant en le gâtant comme il l'est chez ses grands-parents. Montrez lui qu'il n'obtiendra rien en agissant de la sorte. Il ne faut pas qu'il ait le sentiment qu'il arrive à ses fins grâce à ses colères. Par contre, essayez de le prendre dans vos bras, parlez lui doucement afin de le calmer et évitez qu'il ne se fasse mal. Signifiez lui aussi qu'il n'a pas le droit de se faire mal en se tapant la tête contre le sol. Essayez ensuite de détourner son attention avec une activité agréable. Enfin, sachez qu'un enfants qui fait des colères cherche à attirer l'attention de ses parents. Peut-être lui avez-vous beaucoup manqué pendant ces deux mois. Donc, essayez de lui accorder plus d'attention lors de moments agréables (câlins, jeux, discussions,?) afin qu'il se sente sécurisé. Dès qu'il obtiendra cette sécurité supplémentaire, il deviendra moins exigeant.
Si votre enfant est particulièrement difficile quand il revient de chez ses grands-parents, il serait aussi important de vous poser certaines questions. Peut-être est-ce simplement lié au fait que ces derniers le gâtent et que chez eux les limites sont moins strictes qu' à la maison (ex : votre enfant a le droit de regarder plus souvent des cassettes vidéo, de manger plus de bonbons, etc?). Si tel est le cas, vous n'avez pas d'inquiétude à avoir. Le rôle des grands-parents n'est pas le même que celui des parents et il est tout à fait normal que les règles soient différentes chez eux et à la maison. Vous ne pourrez pas contrôler tout ce qu'il se passe pour votre enfant chez ses grands-parents. Le tout est de pouvoir à son retour, signifier clairement à votre enfant si besoin est, les différences qu'il pourra rencontrer. Par exemple, si votre enfant vous dit "" Chez grand-père j'ai le droit de regarder plus la télévision! "". Répondez lui que chez ses grands-parents, c'est peut-être comme ça, mais qu'à la maison, les règles sont différentes. Restez ferme, un enfant doit être capable de faire la différence entre ce qu'il se passe chez lui et chez ses grands-parents.
En revanche, si vous constatez que l'attitude des grands-parents contrarie l'éducation que vous donnez à votre enfant (ils lui redonnent le biberon alors que chez vous il ne le prenait plus, ils font dormir votre enfant avec eux au moindre cauchemar, ils changent le rythme de vie de votre enfant, ils critiquent votre mode d'éducation devant votre enfant, etc?), il est important d'en discuter avec eux afin de leur faire respecter votre point de vue sur l'éducation de vos enfants et votre rôle en tant que parents.
Lawrence Kutner, psychologue médicale
J'ai des jumeaux de 4 ans qui sont en compétition permanente. Comment puis-je instaurer une "" coexistence pacifique "" entre eux ?
Les frères et s?urs se chamaillent souvent c'est inévitable. Il y a toujours une rivalité entre les enfants d'une même fratrie et bien souvent, lorsqu'un enfant ne l'exprime pas c'est par peur de perdre l'amour de ses parents. C'est cette rivalité qui leur permet d'apprendre sur eux-mêmes mais aussi sur les autres. Lorsqu'ils se bagarrent sans la présence d'un adulte, ils testent leur force et leur agressivité et apprennent à la contrôler. Donc, n'intervenez pas à chacune de leur dispute, laissez les faire leur propre expérience. Votre rôle est de s'assurer que chacun de vos enfants trouve sa place dans la fratrie. Bien entendu, si la situation vous semble dangereuse pour l'un de vos enfants, intervenez.
Dans le cas de jumeaux, il vaut mieux éviter de les élever dans une totale fusion (mêmes vêtements, mêmes amis, mêmes activités...) pour ne pas attiser leur esprit de compétition. Car bien qu'ils soient jumeaux, chacun d'eux doit trouver sa place en tant qu'enfant et non en tant que ""jumeau"" . Soulignez leurs différences, mettez-les en avant et pensez à préserver du temps avec chacun de vos enfants séparément.