Les terreurs nocturnes chez les enfants

Il vous est peut-être déjà arrivé de voir votre enfant de 4 ou 5 ans se débattre pendant la nuit, les yeux grands ouverts, et ne pas réagir lorsque vous essayez de le calmer : il a peut-être eu une crise de terreur nocturne. Elles sont généralement bénignes et il ne faut pas les confondre avec un cauchemar. Cependant, elles peuvent être impressionnantes pour les parents qui se posent alors de nombreuses questions. Dans la suite de cet article, nous vous expliquons ce que sont ces terreurs nocturnes chez le bébé ou l’enfant, quelles en sont les causes et que faire si votre petit en souffre.

Les terreurs nocturnes du bébé et de l’enfant, c’est quoi ?

Ce que l’on appelle « terreur nocturne » est un type de trouble du sommeil qui peut ressembler à un cauchemar. On parle de parasomnie, c’est-à-dire de comportement inhabituel pendant le sommeil et, à ce titre, les terreurs nocturnes sont plus proches du somnambulisme et d’autres troubles du sommeil. Les terreurs nocturnes du bébé et de l’enfant sont un phénomène rare qui ne concerne qu’entre 1 et 5 % des enfants en âge d’être scolarisés, soit environ de 4 à 12 ans. Si, en tant que parent, voir votre enfant souffrir de terreurs nocturnes peut être à la fois impressionnant et inquiétant, celles-ci ne sont en réalité pas si graves que ça. En effet, contrairement à un cauchemar, une fois la « crise » de terreur terminée, ce qui peut prendre entre 1 et 10 minutes environ, votre enfant se rendormira et ne se souviendra de rien. Les terreurs nocturnes sont généralement bénignes et ne sont pas considérées comme un symptôme de troubles médicaux plus complexes. Il ne faut pas les confondre avec des cauchemars ou des troubles de l’endormissement liés par exemple à des angoisses de la séparation.

À partir de quel âge les terreurs nocturnes se produisent-elles ?

Les terreurs nocturnes touchent presque exclusivement les enfants plus âgés, en général entre 4 et 12 ans. Quelques cas de terreurs nocturnes chez des bébés ont été recensés, dès 18 mois, mais il s’agit là de quelque chose d’excessivement rare et les parents peuvent dormir tranquilles pendant la petite enfance. Certains enfants ne feront qu’une crise de terreur nocturne dans leur vie, celles-ci disparaissant une fois le système nerveux suffisamment développé, mais d’autres peuvent en faire régulièrement. Ce qu’il faut garder en mémoire est que les terreurs nocturnes sont un phénomène normal et bénin mais qui doit rester épisodique : si votre enfant fait régulièrement des crises sur d’assez longues périodes, parlez-en avec votre professionnel de santé.

Les signes d’une terreur nocturne

Lorsque votre enfant ou bébé souffre d’une terreur nocturne, il est susceptible :

  • de s’asseoir soudainement dans son lit,

  • de crier de panique ou de vous appeler,

  • de respirer plus vite,

  • d’avoir le cœur qui s’emballe,

  • de transpirer,

  • de se débattre,

  • d’avoir l’air énervé ou effrayé,

  • d’avoir les yeux ouverts mais d’être dur à réveiller,

  • de se calmer au bout de quelques minutes et de se rendormir immédiatement,

  • de n’avoir aucun souvenir de l’incident après s’être réveillé le lendemain.

Si vous faites chambre à part ou que vous avez le sommeil profond, il est parfaitement possible que vous ne remarquiez pas que votre enfant est en proie à une terreur nocturne, sauf bien sûr s’il crie ou fait du bruit en se débattant.

Les causes des terreurs nocturnes chez les enfants

Les terreurs nocturnes sont typiquement le résultat d’une surexcitation du système nerveux de l’enfant pendant son sommeil. Elles se produisent généralement pendant la phase de sommeil profond (c’est-à-dire en-dehors de la phase généralement considérée comme celle des rêves, le sommeil paradoxal). Elles se produisent le plus souvent dans les 2 heures suivant le coucher et peuvent durer de 1 à 10 minutes. D’après des spécialistes, certains facteurs pourraient augmenter la probabilité d’apparition des terreurs nocturnes chez l’enfant :

  • Votre enfant est totalement épuisé ou en manque de sommeil

  • Votre enfant est malade ou anxieux

  • Votre enfant démarre un traitement médicamenteux ou dort dans un environnement qui ne lui est pas familier

  • Vous avez des antécédents familiaux en matière de terreurs nocturnes ou de somnambulisme.

Essayez de vous souvenir que les terreurs nocturnes ne sont pas des rêves ni des cauchemars (qui se produisent pendant la phase de sommeil paradoxal, aussi appelée sommeil REM), mais se rapprochent plus d’une réaction de peur panique lors de la transition entre deux phases de sommeil. La plupart du temps, cette transition se fait sans problèmes plusieurs fois par nuit, mais il peut arriver que cela soit source de peur pour votre enfant et déclenche ainsi une terreur nocturne.

Le cycle du sommeil et ses phases

Une nuit de sommeil se compose chez l’enfant comme chez l’adulte d’une répétition de plusieurs cycles (3 à 5 par nuit), chaque cycle pouvant être décomposé en quatre phases. Un individu qui dort va ainsi passer la majeure partie de la nuit à passer d’une phase à une autre et particulièrement à alterner entre la phase de sommeil paradoxal ou REM, où la plupart des rêves se produisent, et les autres. Ce ratio entre sommeil paradoxal et non paradoxal varie au cours de la nuit puisque la première phase de sommeil REM est relativement courte mais va ensuite s’allonger progressivement au cours des cycles suivants. Voici une petite illustration de ce qui se passe lorsque l’on dort :

Les différentes phases du sommeil

Différence entre un cauchemar et une terreur nocturne

Voici un tableau pratique pour facilement comprendre les différences entre un cauchemar et une terreur nocturne :

 CauchemarTerreur nocturne
Âge auquel cela peut se produire Le premier cauchemar peut se produire vers 2 ans mais parfois plus tard.Les terreurs nocturnes peuvent commencer vers 4 ou 5 ans mais perdurer jusqu’à environ 12 ans.
À quoi cela ressemble Votre enfant peut se réveiller en pleurs et terrorisé à cause du cauchemar.Votre enfant peut crier, pleurer et/ou se débattre sans être éveillé. Il peut sembler agité ou anxieux. Il peut avoir les yeux ouverts et être difficile à réveiller.
Moment auquel cela se produitSe produit le plus souvent en deuxième moitié de nuit, pendant le sommeil paradoxal et un rêve intense.Se produit le plus souvent dans les deux heures après l’endormissement et pendant le sommeil profond (sans rêves). Une terreur nocturne peut durer de 1 à 10 minutes.
Reprise du sommeil Votre enfant peut avoir du mal à se rendormir ou avoir peur de se rendormir à cause des vives émotions suscitées par le cauchemar.Votre enfant se rendort facilement.
Souvenirs de l’événementVotre enfant peut se souvenir de son cauchemar et peut vouloir en parler ou demander à être réconforté.Votre enfant ne se souvient pas d’avoir eu une terreur nocturne.
Problèmes sous-jacentsLes cauchemars ne sont généralement pas associés à des problèmes émotionnels sous-jacents mais peuvent refléter les peurs de votre enfant.Les terreurs nocturnes ne sont pas associées à des troubles émotionnels.
Les gestes pour aider pendant une crise Réconfortez votre enfant et parlez-lui. Calmez-le et rassurez-le.Il vaut mieux ne pas réveiller un enfant en proie à une terreur nocturne. Empêchez-le simplement de se faire mal et laissez-le se rendormir.
Gérer sur le long terme

Si votre enfant fait souvent des cauchemars, parlez-en à votre professionnel de santé.

Évitez les écrans avant d’aller au lit et lisez-lui plutôt des histoires calmes pour éviter les cauchemars.

Les terreurs nocturnes disparaissent avec l’âge et il n’y a pas de démarche particulière à adopter pour les éviter. Vous pouvez cependant essayer de coucher votre enfant un peu plus tôt pour éviter qu’il ne soit trop fatigué.

 

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Que faire en cas de terreur nocturne de votre enfant ou bébé ?

Voir son enfant en proie à une terreur nocturne peut être une sensation particulièrement éprouvante pour un parent, mais la meilleure chose à faire est simplement de s’armer de patience et de s’assurer que votre petit ne se fasse pas mal s’il se débat violemment. Si votre enfant bouge et se débat pendant ses terreurs nocturnes, vous pourriez par exemple installer une rambarde le long de son lit pour éviter qu’il n’en tombe et se fasse mal. Évitez de le réveiller pendant une crise car s’il se réveille, il peut se sentir perdu et confus et avoir du mal à se calmer et à se rendormir. Pour vous aider à combattre cette envie, souvenez-vous que la vaste majorité des enfants se rendort presque immédiatement après une terreur nocturne et n’en garde aucun souvenir. Il n’existe pas de traitement connu contre les terreurs nocturnes, mais voici quelques conseils qui peuvent éventuellement aider à en réduire la fréquence :

  • Essayez de supprimer les facteurs de stress dans la vie de votre enfant

  • Établissez un rituel du coucher simple et relaxant pour aider votre enfant à se calmer avant d’aller dormir

  • Assurez-vous que votre enfant se repose suffisamment

  • Ne laissez pas votre enfant rester éveillé trop tard ou être trop fatigué

  • Si votre enfant est généralement trop fatigué à l’heure habituelle de son dodo ou qu’il a eu une journée particulièrement épuisante, essayez de le coucher une demi-heure plus tôt

  • Si votre enfant a des terreurs nocturnes toutes les nuits à environ la même heure, essayez de le réveiller 15 ou 30 minutes avant.

Quand dois-je consulter mon professionnel de santé ?

Dans la plupart des cas, les terreurs nocturnes disparaissent en grandissant sans qu’il soit nécessaire de consulter. Cependant, si votre enfant en fait souvent et que cela vous inquiète, parlez-en avec votre professionnel de santé. Celui-ci pourra le cas échéant vous renvoyer vers un spécialiste du sommeil.

FAQ en un clin d’œil

Les terreurs nocturnes sont une forme de troubles du sommeil que l’on appelle parasomnies. Votre enfant peut alors avoir un comportement inhabituel et pleurer, crier, avoir l’air effrayé ou s’asseoir. Ne le réveillez pas : il se rendormira vite et ne se souviendra de rien.

Les terreurs nocturnes sont la conséquence d’une surexcitation du système nerveux central de votre enfant pendant la transition entre deux phases du sommeil.

Les terreurs nocturnes chez le bébé ou l’enfant en bas âge sont très rares. Elles touchent généralement les enfants de 4 à 12 ans.

Quelques conseils :

  • N’essayez pas de le réveiller, il pourrait avoir du mal à se rendormir.
  • Empêchez-le de se blesser, par exemple avec une rambarde pour ne pas tomber du lit.
  • Couchez-le plus tôt pour éviter qu’il ne s’endorme épuisé.
  • Supprimez les causes de stress.

Les terreurs nocturnes se manifestent généralement dans les deux heures après le coucher, pendant la phase de sommeil profond.

En résumé

La mauvaise nouvelle, c’est que les terreurs nocturnes peuvent être très impressionnantes et inquiétantes et qu’il est facile d’avoir peur pour son enfant. Cependant, la bonne nouvelle est qu’elles sont bénignes et qu’elles disparaîtront d’elles-mêmes lorsque votre enfant sera plus grand. Contrairement à des cauchemars ou à des mauvais rêves qui pourraient laisser votre enfant dans un état de panique ou de confusion, le bon côté des terreurs nocturnes est que les enfants ne s’en souviennent pas au réveil. N’essayez pas de réveiller votre petit pendant une crise : il se calmera après quelques minutes et se rendormira de lui-même peu de temps après. Vous pouvez éventuellement essayer de réduire la fréquence des terreurs nocturnes en créant un rituel du coucher apaisant avant de l’endormir ou en le couchant avant qu’il ne soit trop fatigué. Si votre enfant est souvent en proie à des terreurs nocturnes et que cela vous inquiète, parlez-en à votre professionnel de santé pour vous rassurer.

Comment cet article a-t-il été rédigé
Les informations présentées dans cet article ont été compilées à partir d’informations fiables d’origine médicale ou gouvernementale, comme par exemple la Haute autorité de la santé ou le Conseil national des gynécologues et obstétriciens français.

Une liste des sources utilisées est présentée ci-dessous.

Le contenu de cet article n’a pas vocation à se substituer à l’avis d’un professionnel médical. Référez-vous toujours à de tels professionnels en ce qui concerne les diagnostics ou traitements éventuels.