Un enfant faisant un caprice

Vous en aviez sûrement déjà entendu parler par vos propres parents ou des amis, mais ça y est : votre adorable bout de chou se met à faire des crises de colère et de caprice, à crier et à s’opposer à vous puis se calme aussi soudainement qu’il ne s’est emporté. Cette phase compliquée et épuisante est, que vous le croyiez ou non, une étape normale de sa croissance et lui permet de gagner en indépendance et en assurance.

Dans la suite de cet article, nous vous expliquons ce qu’est cette crise des 2 ans que l’on appelle parfois « terrible two », combien de temps elle peut durer et ce que vous pouvez faire pour gérer ces colères et ce refus de votre autorité.

Pourquoi le terrible two ?

En grandissant, votre enfant devient de plus en plus indépendant et, vers l’âge de 2 ans, il commence à vouloir s’opposer à ce que vous lui demandez de faire ou aux limites que vous avez établies. Ce comportement peut donner naissance à des crises de colère, des refus et une utilisation abusive du « non ».

Ces refus et ces crises sont souvent très soudaines : un instant votre bébé est accroché à vous ou s’occupe dans la joie et la bonne humeur et l’instant d’après il tape du pied en hurlant ou vous désobéit.

Il convient de garder en mémoire que votre enfant ne sait toujours pas vraiment exprimer ce qu’il ressent comme un adulte et que ces émotions et cette frustration peuvent alors transformer ces refus en crises de colère ou en caprices. C’est ce que l’on appelle l’âge du non, la crise des 2 ans ou encore le terrible two.

Pour votre enfant, la crise des 2 ans est plutôt l’euphorie des 2 ans. Il comprend qu’il a du pouvoir sur son environnement, qu’il peut en quelque sorte rouler des mécaniques pour obtenir ce qu’il veut.

Néanmoins, cette période n’est pas forcément facile pour lui non plus. En effet, il n’a pas toujours envie de faire des compromis, ce qui lui vaut des confrontations avec vous, et s’il n’obtient pas ce qu’il veut, il ne sait pas encore bien gérer sa déception et sa frustration.

Ce nouveau type de comportement résulte de nombreuses évolutions intellectuelles, sociales et émotionnelles chez votre enfant, ce qui en un sens signifie que ce terrible two, cette crise des 2 ans est en réalité un signe que votre enfant grandit « normalement ».

Combien de temps la crise des 2 ans dure-t-elle ?

Le terrible two peut être relativement court chez certains enfants tout comme il peut être plus long chez d’autres. Comme pour à peu près tout ce qui touche au développement des jeunes enfants, il n’y a pas de règle absolue. Comme l’indique son nom, la crise des 2 ans commence habituellement autour de cet âge et peut durer jusqu’à ses trois ans ou plus.

De manière générale, il faut essayer d’accepter qu’il s’agit là d’une étape certes éprouvante mais normale et nécessaire au développement de votre enfant et, en tant que parent, vous devez accompagner au mieux votre petit pendant cette période. La difficulté réside dans votre réponse à certaines situations : en effet, il est important d’encourager votre enfant à s’émanciper et à s’exprimer, mais il est tout aussi important qu’il continue à respecter les limites que vous avez établies pour son confort et sa sécurité.

Les signes du terrible two

Vous pouvez considérer que votre enfant a entamé sa crise des 2 ans à partir du moment où il lui arrive de se comporter de quelques-unes des manières suivantes :

  • Il dit beaucoup plus souvent « non » qu’avant

  • Il s’accroche à vous puis demande à être laissé seul l’instant d’après

  • Il s’entend mal avec les autres enfants et fait possiblement preuve d’agressivité, par exemple en poussant ou en bousculant les autres enfants

  • Il est facilement contrarié

  • Il fait souvent des caprices

  • Il a des sautes d’humeur très rapides et vous semble passer de la joie à la colère puis à nouveau à la joie en un clin d’œil

  • Il teste vos limites pour voir jusqu’où il peut aller

  • Il exprime sa contrariété ou sa frustration en pleurant, en criant, en tapant, en mordant ou en donnant des coups.

Les causes de la crise des 2 ans

Pour mieux comprendre pourquoi votre petit se comporte de cette façon, il peut être utile que vous sachiez ce que votre enfant est en train de vivre à cet âge :

  • Un bouleversement intellectuel. Les capacités linguistiques de votre enfant s’améliorent, mais il est probablement encore à un stade où il comprend bien mieux qu’il n’arrive à s’exprimer avec des mots. S’il est contrarié par quelque chose, cela peut déclencher des crises de pleurs ou de hurlements pour essayer de se faire comprendre.

  • Des interactions sociales en développement. Votre enfant peut sembler égoïste ou possessif et ce particulièrement en présence d’autres petits. Il n’a probablement pas envie de partager ses jouets et voudrait peut-être même jouer avec quelque chose qui ne lui appartient pas. C’est là un comportement normal : en effet, à cet âge, votre enfant a tendance à ne conceptualiser le monde qu’à travers lui-même et n’est pas encore capable de comprendre les envies ou les émotions des autres. Il ne réalise peut-être pas non plus que d’autres personnes peuvent ressentir de la douleur et peut donc s’emparer d’un jouer ou frapper un camarade de jeu sans se poser de questions.

  • Un bouleversement émotionnel. Vous constaterez peut-être que votre enfant a des sautes d’humeur et qu’il est heureux une minute puis énervé la suivante. Ce type de comportement est très courant chez les enfants pendant la crise des 2 ans. Votre enfant ne maîtrise pas encore ses émotions et ses actions et n’est pas encore mature. Il peut s’opposer à vous puis immédiatement vous demander de l’affection et du réconfort. Il peut s’énerver et piquer une crise pour quelque chose qui vous paraît complètement anodin simplement parce qu’il n’arrive pas à contrôler ce qu’il ressent.

10 conseils pour bien gérer le terrible two

Bien que la période du terrible two soit éprouvante, il est important de ne pas le prendre personnellement et de ne pas penser que votre enfant est « vilain ». Il est simplement contrarié et dépassé par tous ces changements en lui et autour de lui.

Voici quelques conseils et techniques pour gérer la période de crise des 2 ans :

  1. Soyez constants. Il est important de reconnaître et d’encourager les bons comportements de votre petit et de décourager ses mauvaises actions sans faire preuve de trop de colère ou de violence. Votre réponse à son comportement doit être constante pour que votre enfant fasse le lien entre ses actions et leurs conséquences, ce qui l’aidera à gagner en confiance tout en limitant les mauvais comportements.

  2. Parlez simplement. Il est très dur voire impossible de raisonner avec un enfant de 2 ans. À cet âge, on n’est ni rationnel ni logique et les bébés font souvent mal la distinction entre le réel et l’imaginaire. Essayez d’éviter les phrases telles que « si tu fais trop la grimace tu vas rester bloqué(e) », parce que votre enfant n’arrivera possiblement pas à comprendre qu’il ne s’agit que d’une blague. Essayez d’expliquer les choses le plus simplement possible, particulièrement lorsque vous lui faites la leçon sur son comportement.

  3. Essayez de lui fournir des distractions. Si vous voyez que votre enfant commence à s’énerver vis-à-vis de quelque chose, essayez de le distraire avant qu’un caprice ou qu’une crise ne se déclenche. Si cela ne marche pas, tant pis : souvent, essayer de calmer ou de punir un enfant dans cet état obtient l’effet inverse de celui escompté et peut renforcer les comportements négatifs.

  4. Établissez des règles simples. Des règles simples adaptées à son âge peuvent aider votre enfant à contrôler ses pulsions. Par exemple, expliquez-lui simplement que « bousculer ou frapper, c’est mal ». Essayez également de ne pas multiplier les règles à outrance et de faire en sorte qu’elles ne soient pas trop restrictives. Vous pourrez en instaurer d’autres une fois qu’il aura intégré les premières. Évitez également de les changer sans prévenir, car cela peut simplement être une source de confusion pour votre petit.

  5. Soyez câlins. La tendresse et le contact physique sont très importants à cet âge tout comme à n’importe quel moment du développement de votre enfant. De nombreux câlins et baisers l’aideront à se sentir bien en sécurité et aimé.

  6. Montrez-lui que vous vous intéressez à lui. Essayez de l’écouter et de répondre avec plus que de simples « oui oui » ou « mh mh », car votre enfant saura que vous ne l’écoutez pas vraiment. Cela peut lui donner un bon exemple en ce qui concerne sa façon de s’exprimer et le rassurer sur le fait qu’il est important pour vous et que vous l’écoutez. Votre enfant aura peut-être moins envie de faire des caprices s’il sait qu’il suffit de vous parler pour que vous l’écoutiez.

  7. Aidez votre enfant à s’exprimer avec des mots. Parlez-lui régulièrement et aidez-le à décrire ses émotions avec des mots. Le fait de disposer des bons outils pour s’exprimer pourra peut-être éviter des crises futures. Vous pouvez également lui donner l’exemple en lui expliquant ce que vous ressentez, par exemple avec des phrases comme « Papa/Maman est en colère parce que tu as tapé ton frère ».

  8. Offrez-lui des alternatives. Au lieu de toujours décider pour lui, favorisez son indépendance en lui laissant le choix entre quelques options qui vous conviennent. Par exemple, au lieu de lui demander « comment veux-tu t’habiller ? » et ensuite de devoir batailler parce qu’il a choisi des shorts en plein hiver, demandez-lui plutôt « est-ce que tu veux ton t-shirt bleu ou le rouge ? ». À l’heure du goûter, demandez-lui « est-ce que tu veux des bâtonnets de carotte ou de concombre ? ». Le fait de lui demander son avis l’aide à développer son assurance et sa bonne humeur.

  9. Posez-lui des limites avec du renforcement positif. Soyez ferme mais gentils, ce qui veut dire le féliciter ou l’encourager quand il se comporte bien tout en restant ferme lorsque ce n’est pas le cas. Par exemple, s’il se comporte mal avec ses amis de son âge, dites-lui que vous allez lui retirer son jouet préféré : cela lui permettra de comprendre que ses actions ont des conséquences. Évitez les gestes violents qui peuvent lui donner l’impression que la violence est une façon acceptable de régler un problème.

  10. Mettez-le au coin quand c’est nécessaire. Si votre enfant est en plein caprice, le mettre au coin dans une autre pièce peut se révéler une stratégie efficace. Faites-lui faire un « temps calme » de quelques minutes (environ autant de minutes que l’âge de votre enfant) avant de revenir dans la pièce où vous êtes. Quand votre enfant s’est calmé, faites-lui un câlin en le félicitant d’un « voilà, c’est fini ».

Gérer les caprices

Les caprices sont caractéristiques de la phase du terrible two mais également inévitables. Vous pouvez généralement les sentir arriver : votre enfant est plus grognon ou agité que d’habitude, il a faim, il est fatigué ou il se sent seul…

Certaines de ces crises peuvent être évitées simplement en faisant attention à son humeur et en évitant les situations propices aux caprices comme par exemple le fait d’emmener votre enfant faire des courses toute l’après-midi sans faire de pauses pour jouer ou grignoter.

Voici quelques conseils pour empêcher une crise de se déclencher ou pour canaliser l’énergie de votre enfant vers un comportement moins agressif :

  • Distrayez votre enfant avec des jeux pour détourner son attention.

  • Si les distractions ne marchent pas, vous pouvez essayer de le laisser vivre sa vie et de l’ignorer, car maintenant, lui donner de l’attention pourrait prolonger son caprice.

  • S’il commence à être violent avec vous, par exemple s’il vous frappe ou vous mord, mettez-le au coin immédiatement en lui expliquant que c’est mal. Cela ne sert à rien d’expliquer en détail pourquoi ce n’est pas bien sur le moment, donc faites-lui simplement bien comprendre que c’est mal.

  • Si votre enfant fait un caprice en public, essayez de l’isoler par exemple en l’emmenant aux toilettes ou en le ramenant à votre voiture, où vous pourrez le mettre au coin au calme.

Les crises de colère ou de caprice disparaissent généralement entre l’âge de 3 et 4 ans. Si elles se prolongent à un âge plus avancé ou que vous avez du mal à savoir comment réagir dans ces situations, parlez-en à votre professionnel de santé.

FAQ en un clin d’œil

  • Une excellente astuce pour supporter ces moments difficiles est de ne pas se sentir visé personnellement. Votre enfant ne fait pas exprès de faire sa crise des 2 ans, il ne vous déteste pas et n’est pas mal élevé. Il est simplement à un âge où beaucoup de choses changent pour lui et il a du mal à contrôler ses actions et ses émotions. La meilleure chose à faire est de poser des limites claires, de décourager les mauvais comportements et de régulièrement récompenser les bons.

    • Il peut faire preuve d’indépendance ou s’opposer à vous
    • Il peut être égoïste
    • Il peut faire des crises telles que des caprices
    • Il peut avoir des sautes d’humeur : câlin un instant, colérique l’instant d’après.
  • Pour un parent, le terrible two est terrible parce que votre enfant a mauvais caractère, qu’il ne vous écoute pas et qu’il fait des caprices dès lors qu’il n’obtient pas ce qu’il veut.

  • Les caprices caractéristiques de la crise des 2 ans durent généralement jusqu’à l’âge de 3 ans environ, après quoi les crises se font de moins en moins fréquentes. Si votre enfant est plus âgé mais qu’il continue à régulièrement faire des caprices, consultez votre professionnel de santé.

En résumé

Oui, la crise des 2 ans ou terrible two est particulièrement éprouvante, surtout pour les parents, mais sachez que cette phase ne dure pas. Il sera plus facile pour votre enfant et vous de traverser ces moments pénibles en lui apprenant comment se comporter en société, comment contrôler ses émotions, et en le félicitant quand il fait bien les choses.

Une fois cette période terminée, vous pourrez décompresser un peu et, avec le recul, cela ne vous semblera peut-être même plus qu’un mauvais souvenir !

Comment cet article a-t-il été rédigé
Les informations présentées dans cet article ont été compilées à partir d’informations fiables d’origine médicale ou gouvernementale, comme par exemple la Haute autorité de la santé ou le Conseil national des gynécologues et obstétriciens français.

Une liste des sources utilisées est présentée ci-dessous.

Le contenu de cet article n’a pas vocation à se substituer à l’avis d’un professionnel médical. Référez-vous toujours à de tels professionnels en ce qui concerne les diagnostics ou traitements éventuels.